Le meilleur rouleur actuel

Une catégorie à part. Ces hommes préfèrent souffrir seul face au vent plutôt que d’évoluer dans le confort douillet du peloton. Certains ne vivent que pour l’effort individuel et peuvent traverser un Grand Tour en parfait anonyme avant de laisser parler leur puissance lors de la dernière ou avant-dernière étape. Leurs braquets peuvent scier des arbres, leur position sur le vélo relève de la perfection et leur puissance brute leur permet de filer plus vite que le vent. Voici mon top 5 des meilleurs rouleurs actuels.

Mentions honorables :

Christopher Froome : Le britannique ne peut être catalogué ni comme un grimpeur ni comme un rouleur mais il peut se targuer de faire partie de l’élite de ces deux catégories. Vainqueur de deux étapes chronométrés sur le Tour de France, de deux autres sur la Vuelta, double médaillé de bronze olympique et médaillé de bronze mondial sur contre-la-montre Chris Froome s’est imposé comme l’un des tout meilleurs rouleurs. Cependant quelques purs spécialistes le devancent dans l’exercice, ce qui justifie sa présence en dehors de ce top 5.

Primoz Roglic : L’ancien sauteur à ski et vainqueur de la Vuelta 2019 est du même acabit que Christopher Froome. Capable de performer aussi bien sur des pentes ardues que sur le plat il a remporté trois étapes contre-la-montre du Tour d’Italie et une sur la Vuelta. Il a également frôlé l’or mondial sur cette épreuve en 2017, seulement devancé par un autre rouleur grimpeur : Tom Dumoulin. Petit bémol cependant puisque au départ du contre-la-montre final du Tour de France 2018 il était idéalement placé pour finir sur le podium à Paris mais il s’est écroulé en lâchant plus d’une minute sur ses principaux rivaux (certes excellents rouleurs eux aussi). Le slovène finit donc au porte de ce top 5 mais reste une valeur sûre de l’exercice.

5. Remco Evenepoel :

Petit mais déjà si grand.

Du haut de ses 20 ans le prodige belge affiche déjà une assurance et un palmarès que beaucoup de coureurs aimeraient avoir au moment de leur retraite. La dernière trouvaille de Patrick Lefevere est capable de briller sur des terrains vallonnés comme en témoigne sa victoire sur la Classica San Sebastian à seulement 19 ans mais aussi sur des routes plus escarpées comme le montrent ses victoires sur le général du Tour de San Juan ou du Tour de l’Algarve.

Talent précoce il écrase la concurrence dans les catégories de jeunes (remportant notamment le Championnat d’Europe junior avec plus de 10 minutes d’avance après une fugue de 100 km, le Championnat du Monde junior contre-la-montre et le Championnat du Monde junior en ligne) et passe professionnel à l’âge ou d’autres passent leur bac pour la 2ème ou 3ème fois.

Ses qualités sont indéniables et il est extrêmement à l’aise lors de l’effort solitaire que ce soit dans l’exercice dédié (3ème du chrono du Tour de San Juan) ou sur une course en ligne (vainqueur de la Classica San Sebastian après une démonstration de force). Il remporte le titre de champion d’Europe du contre-la-montre chez les élites un an après l’avoir été chez les juniors. Mais le plus impressionnant est encore à venir. Lors des Championnats du Monde de la spécialité seul le désormais double champion du monde Rohan Dennis parvient à le devancer. Et tout ça à 19 ans !

Le début de saison 2020 vient confirmer ses qualité puisqu’il remporte le Tour de San Juan (où il écrase le chrono) puis le Tour de l’Algarve (en remportant le contre-la-montre devant…Rohan Dennis).

Si la situation actuelle l’empêche de faire parler ses immense qualité de rouleur il ne fait aucun doute qu’il deviendra l’un des meilleurs spécialistes du monde (ce qu’il est en fait déjà). L’ancien footballeur a bien fait de se tourner vers le cyclisme et sa marge de progression semble encore grande. En outre il court actuellement dans l’équipe de référence au niveau mondial et cet athlète né (il courrait un semi-marathon 1h15 à 16 ans) est attendu comme le futur patron du cyclisme mondial.

4. Geraint Thomas :

Le fameux TGV britannique.

Avant de s’imposer à La Rosière et à l’Alpe d’Huez maillot jaune sur le dos, Geraint Thomas était avant tout connu pour ses qualités de rouleur. Le gallois vient de la piste où il a longtemps brillé : champion du monde de poursuite par équipe en 2007 (avec un certain Bradley Wiggins) et en 2008 puis champion olympique 2008 de la même discipline en battant le record du monde.

Il mène de concert sa carrière sur piste et sur route puisqu’il signe en 2010 chez Barloworld (avec un certain Christopher Froome) où il se montre très vite à son avantage notamment sur le prologue du Tour 2010. En 2012, année olympique oblige, Geraint Thomas se concentre sur la piste et il remporte un nouveau titre de champion du monde de poursuite par équipe avant de passer par la case Giro où il termine 2ème du prologue et du contre-la-montre. Sans surprise il décroche avec ses coéquipiers le titre olympique de la poursuite par équipe agrémenté d’un nouveau record du monde.

Il décide ensuite de se consacrer à la route et aux classiques pavés où il obtient de bons résultats, 3ème du GPE3, 8ème du Tour des Flandres et 7ème de Paris-Roubaix en 2014, vainqueur du GPE3 en 2015, avant de se réorienter vers les courses à étapes en 2016. Avec succès : il remporte Paris-Nice avant de s’avérer précieux dans le succès de son leader Chris Froome sur le Tour de France.

Le 1 Juillet 2017 il s’empare du maillot jaune du Tour de France en gagnant le contre-la-montre inaugural avant d’abandonner la course alors qu’il occupe la 2ème place au général. Mais ce n’est que partie remise car dès l’année suivante il remporte le Tour de France grâce à ses succès en montagne mais aussi son très bon chrono final où il prend la 3ème place ne cédant que 14 secondes au champion du monde en titre Tom Dumoulin.

L’année suivante il ne parvient pas à défendre son titre et termine second derrière son jeune coéquipier Egan Bernal mais il prouve une nouvelle fois ses capacités sur l’effort solitaire en finissant 2ème du contre-la-montre de Pau seulement battu par un Alaphilippe survolté.

Pistard à succès, sa reconversion sur la route à une franche réussite. Ses qualités naturelles et son passé de pistard en font un favori évident à chaque départ de contre-la-montre. Et s’il s’est énormément amélioré en montagne cela ne s’est pas fait au détriment de ses qualités de rouleurs. Le gallois se classe donc au pied de mon podium des meilleurs rouleurs au monde.

3. Victor Campenaert :

Comme une impression de tourner en rond : 220 tours de piste pour le belge lors de son record de l’heure.

Et on entame le podium avec un pur spécialiste. Le belge n’attend pas très lontemps pour performer et décroche sur l’épreuve chronométrée le titre de champion de Belgique espoir, de champion d’Europe espoir et la 8ème place aux championnats du monde espoir en 2013.

Il passe professionnel l’année suivante et poursuit sa progression sous les couleurs de la formation Topsport Vlaanderen-Baloise où il finit second du Tour de Wallonie et 4ème du ZLM Tour grâce à une 3ème place sur le prologue inaugural.

Mais c’est véritablement en 2016 que Victor Campenaert s’affirme comme un spécialiste de la discipline en devenant champion de Belgique du contre-la-montre et vice-champion d’Europe tout en décrochant un top 5 sur le contre-la-montre de la Vuelta derrière des spécialistes comme Chris Froome ou Jonathan Castroviejo. Il devient en 2017 champion d’Europe du contre-la-montre avant de faire le doublé en 2018. Il fait également le doublé national en conservant son titre aux championnats de Belgique puis il se classe 3ème des championnats du monde de la discipline.

Mais c’est sans doute l’année dernière qu’il réalise sa performance la plus significative. En Avril 2020 il devient le nouveau recordman du mythique record de l’heure en effaçant des tablettes Sir Bradley Wiggins, excusez du peu ! Il parcourt 55,089 kilomètre sur l’anneau mexicain et peut désormais se vanter de posséder un record que seuls les plus grands champions ont pu décrocher.

Le rouleur belge est, pour moi, l’un des trois meilleurs spécialiste de l’épreuve chronométré. Ses nombreux titres dans l’exercice le prouvent et il ne lui manque qu’une médaille d’or mondiale pour l’installer définitivement dans la caste des grands champions de la discipline.

2. Tom Dumoulin :

Le néerlandais, parfaitement posé sur sa machine, file comme le vent vers la victoire.

Et le numéro 2 de classement n’est autre que Tom Dumoulin. Véritable référence en la matière depuis bientôt six ans le néerlandais ne doit sa carrière qu’à un tirage au sort. Oui, oui un tirage au sort. En effet le jeune Tom se voit refuser l’entrée en faculté de médecine suite à un tirage au sort car le nombre de place est limitée. Cruel. Mais aujourd’hui il doit se dire que le destin a eu raison de l’orienter vers le cyclisme.

Il se révèle en 2013 en n’étant seulement battu que par Tony Martin, alors référence incontestée, sur le contre-la-montre du Tour de Belgique et confirme en remportant l’année suivante le contre-la-montre du Critérium International avant d’être à nouveau battu par Tony Martin sur le chrono du Tour de Belgique, du Tour de Suisse et du Tour de France. Rageant mais encourageant. Comme vient le confirmer sa première médaille mondiale, le bronze, aux championnats du monde de contre-la-montre 2014.

Puis en 2015 il remporte l’étape chronométré du Tour du Pays Basque, le prologue et le contre-la-montre du Tour de Suisse, une étape en ligne et le contre-la-montre du Tour d’Espagne (qu’il sera longtemps en mesure de remporter avant de craquer faute d’une équipe solide pour l’entourer). Il devient un rouleur craint et un grimpeur de plus en plus correct.

L’année suivante il commence le Giro 2016 en remportant l’étape inaugurale (un contre-la-montre évidement) avant d’abandonner la course. Il se signale sur le Tour de France en remportant une étape en échappé mais également le contre-la-montre en dominant largement ses adversaires. Cependant il se casse le poignet et est contraint à un nouvel abandon. Cela ne l’empêchera pourtant pas de s’emparer de la médaille d’argent olympique seulement devancé par celui qui est peut-être le plus grand rouleur de tous les temps : Fabian Cancellara. Le néerlandais n’a donc pas à rougir de sa performance.

Il choisit de viser le classement général du Tour d’Italie 2017 dont il prend la tête après le contre-la-montre de la 10ème étape en reprenant 3 minutes à Nairo Quintana. Mais c’est surtout sur les pentes du Sanctuaire d’Oropa que le néerlandais réalise un grand exploit. Plusieurs fois décroché par les attaques de ses concurrents il ne s’affole pas et gère son effort comme le spécialiste du chrono qu’il est. Il revient petit à petit sur tous ses adversaires et au terme d’un sprint interminable il se paye même le luxe de remporter l’étape. Malheureusement pour lui il connait des problèmes gastriques et il doit céder son maillot de leader du général à Quintana. Mais la dernière étape de ce Giro est un contre-la-montre de 29 kilomètres plat comme la main et le néerlandais a tout le loisir d’exprimer sa puissance pour remporter son premier Grand Tour.

Mais sa belle saison n’est pas finie loin de là ! Il devient champion national du contre-la-montre pour la 2ème fois mais surtout en devant champion du monde la discipline devant des champions comme Chris Froome ou Primoz Roglic.

Il se rend sur le Giro 2018 pour défendre son titre mais doit s’incliner face à Chris Froome. Il remporte tout de même le contre-la-montre inaugural et finit 3ème du chrono de la 16ème étape (derrière Rohan Dennis et Tony Martin qui ne sont pas vraiment des manches dans la discipline). Il enchaîne avec le Tour de France où il impressionne une nouvelle fois en montagne et remporte de justesse le contre-la-montre la veille de l’arrivée. Il se classe finalement 2ème confirmant qu’il est bel est bien un redoutable coureur sur les Grands Tours. Il échoue à conserver son titre mondial mais finit tout de même 2ème d’une course écrasé par le nouvel homme fort de la spécialité : Rohan Dennis.

Sa saison 2019 est très compliquée avec un abandon sur chute sur le Giro alors qu’il en était un des favoris et un forfait sur le Tour de France et le Tour d’Espagne.

Possédant une morphologie totalement adapté à l’effort solitaire (1m86 et 70 kilos) il est sans conteste l’un des tout meilleurs spécialistes de la discipline. Champion du monde en 2017 et vainqueur à 15 reprises dans l’exercice depuis ses débuts professionnels, il s’est tourné vers les classements généraux mais reste tout autant performant sur les contre-la-montre. De plus son style est esthétiquement parfait et efficace. Même lorsqu’il grimpe il le fait à la manière d’un rouleur, posé sur sa selle et sans à-coups. Il est pour moi et pour la plupart des amoureux du cyclisme tout proche d’être le meilleur rouleur du monde.

1. Rohan Dennis :

Un grand sourire après avoir laminé ses adversaire.

Le meilleur rouleur actuel c’est lui. Cela ne souffre que de peu de contestation tant il a dominé la discipline notamment ces deux dernières années. Et il possède un avantage non négligeable sur la plupart de ses rivaux : délaissant le classement général il arrive bien plus frais que les Froome, Dumoulin ou Roglic sur les contre-la-montre de fin de Grand Tour.

Comme Geraint Thomas il débute par la piste où il décroche un titre de vice-champion du monde de la poursuite par équipe en 2010 avant d’en décrocher la médaille d’or l’année suivante. Aux JO 2012 il repart également avec la médaille d’argent dans ses bagages battu, lui et ses coéquipiers, par l’invincible équipe britannique. Il termine par ailleurs 4ème de la poursuite individuelle.

Un si grand talent ne peut pas rester inaperçu très longtemps et il passe professionnel dès 2009. Il réalise quelques bons résultats notamment une 2ème place sur les championnats du monde de contre-la-montre junior. Il abandonne la piste pour se consacrer à la route en 2013 et ce choix s’avère très vite payant : il porte le maillot jaune sur le critérium du Dauphiné et se classe 2ème du chrono derrière Tony Martin puis l’année suivante 2ème du contre-la-montre du Critérium International, du Circuit de la Sarthe et du Tour de Californie.

Mais c’est en rejoignant l’équipe BMC qu’il prend une nouvelle dimension et se bâtit une réputation avant de s’en aller chez Bahrein-Merida : 5ème du championnat du monde de contre-la-montre en 2014, vainqueur du Tour Down Under 2015, recordman de l’heure, vainqueur de la 1ère étape du Tour de France 2015 et maillot jaune, maillot rouge du Tour d’Espagne 2017, maillot rose du Giro 2018 et vainqueur du contre-la-montre de la 16ème étape, à nouveau maillot rouge et vainqueur des deux étapes chronométrés du Tour d’Espagne 2018.

Un palmarès impressionnant, sur les contre-la-montre notamment, enrichi d’un titre mondial 2018 en reléguant Tom Dumoulin à plus d’1 minute 20 avant de faire le doublé l’année suivante en écrasant encore un peu plus la concurrence.

Double champion du monde en titre de la spécialité, vainqueur de contre-la-montre sur les trois Grands Tours grâce auxquels il a également porté les maillots jaune, rose et rouge, ancien recordman de l’heure…Son palmarès ne ment pas : Rohan Dennis est tout simplement le meilleur rouleur actuel. Et son arrivée chez Ineos pourra lui faire profiter des désormais fameux « gains marginaux » de la formation britannique pour étendre encore un peu plus son emprise sur la discipline.  

Et vous vous en pensez quoi ? Qui est le meilleur rouleur du monde ? Donnez votre avis en cliquant sur ce bouton.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :