Bilan du Tour d’Espagne 2020

Carapaz confirme :

Malgré tous les efforts de Carapaz, Roglic s’accroche encore et toujours.

25 secondes. C’est ce qu’il a manqué à Richard Carapaz pour remporter son deuxième Grand Tour. L’Equatorien n’aura pas démérité. Il aura porté le maillot de leader pendant 5 jours et aura fait douter Roglic jusqu’au bout. Entouré par une équipe INEOS bien moins souveraine que par le passé Richard Carapaz a joué son va-tout en montagne mais le temps perdu sur son contre-la-montre (pourtant honorable) fut préjudiciable. Cependant cette 2ème confirme tout son talent et pourrait lui permettre de revendiquer un statut plus important. Totalement sacrifié au profit d’Egan Bernal sur le Tour de France, l’Equatorien a prouvé que sa victoire sur le Giro 2019 n’était pas un hasard et qu’il pouvait jouer la gagne sur les Grands Tours.

Carthy s’affirme :

Un style peu académique mais très efficace : voilà la recette du succès de Hugh Carthy.

A voir sa grande carcasse désarticulée zigzaguer sur les pentes démoniaques de l’Angliru un suiveur non-averti aurait sans doute pris Hugh Carthy pour un sprinteur se démenant pour rentrer dans les délais. Que nenni ! Du haut de son mètre 93 l’Anglais était bien en train de planter tous les favoris pour aller s’imposer au sommet. Et lorsque l’on regarde le classement général sans tenir compte du contre-la-montre on se rend compte que Hugh Carthy a été meilleur en montagne que Primoz Roglic et qu’il a rivalisé avec Richard Carapaz. Cela lui permet de monter sur le podium final à Madrid et c’est peu dire qu’il s’agit d’une surprise. Avec pour seul résultat notable une 11ème place sur le Tour d’Italie 2019 et une victoire sur le Tour de Suisse de la même année, peu de monde le plaçait parmi les favoris au départ de cette Vuelta. On le voyait plus dans un rôle de soutien du grimpeur canadien Michael Woods mais très vite les rôles se sont inversés et il est devenu évident que le grand Britannique pouvait être un prétendant sérieux à la victoire finale. Il a fait douté Primoz Roglic jusqu’au bout et son podium final à Madrid est bien mérité. Il faudra voir comment Hugh Carthy gérera son nouveau statut mais une chose est sûre : le Britannique s’est révélé comme un grimpeur de grand talent sur ce Tour d’Espagne.

Gaudu a l’étoffe d’un leader :

Des jambes de feu, un mental de tueur de sang-froid et un cœur gros comme ça. Recette gagnante pour David Gaudu sur la 11ème étape de la Vuelta.

Depuis son année 2019 épatante (3ème de l’UAE Tour, 5ème et une étape du Tour de Romandie mais surtout une prestation impressionnante dans son rôle d’équipier de Thibaut Pinot sur le Tour de France) il ne fait aucun doute que David Gaudu est destiné à jouer les premiers rôles sur les Grands Tours. Le Breton a su prendre son temps et profiter de son travail auprès de Pinot pour accumuler de l’expérience et se préparer à assumer un rôle de leader. Il devait une nouvelle fois épauler le Franc-Comtois sur le Tour 2020 mais une chute précoce l’a forcé à l’abandon. Et à reporter ses ambitions sur la Vuelta. L’abandon de Pinot lui a offert pour la première fois le rôle de leader absolu. Si son début de Tour d’Espagne est compliqué, son finish est fabuleux. Tout d’abord vainqueur d’étape aux lacs de Somiedo après s’être débarrassé du coriace Marc Soler puis récidiviste sur les terribles pentes de la Covatilla, le jeune Breton a en plus ajouté une très belle 8ème place au général. Une Vuelta plus que réussie et des promesses qui font saliver pour l’avenir. Et si le leader de la FDJ sur le prochain Tour de France ne s’appelait pas Thibaut Pinot mais plutôt David Gaudu ?

Les sprinteurs doivent se contenter des miettes :

Dernière et (seulement 4ème) chance pour les sprinteurs de briller à Madrid.

C’est une constante sur les Grands Tours depuis quelques années maintenant. Fini les éditions proposant une dizaine d’arrivées possible au sprint. La Vuelta a toujours compliqué la tâche aux sprinteurs mais cette année ce fut frappant : 4 arrivées au sprint seulement. C’est peu. En comparaison il y en a eu 9 sur le Tour de France. Certes l’annulation du Grand Départ en Hongrie a sans doute privé les sprinteurs d’au moins deux d’occasion de briller mais n’empêche les Bennett, Ackermann et autres Philipsen n’ont pas eu grand-chose à se mettre sous la dent. Une victoire d’étape pour Philipsen, une pour Bennett et deux pour Ackermann, c’est peu cher payé pour accepter de souffrir (presque) trois semaines dans les terrifiants cols espagnols. Vous voulez une dernière preuve que les sprinteurs n’ont pas pu s’exprimer ? La voilà : le sprinteur le mieux classé au classement par points (Ackermann, 6ème) a marqué moins de points que…Guillaume Martin. Pas besoin d’en rajouter.

Roglic a bien digéré son Tour de France raté :

Primoz Roglic peut serrer le poing : il vient d’assurer sa victoire finale dans cette Vuelta.

Il n’aura pas fallu longtemps pour retrouver le Primoz Roglic conquérant du début de Tour de France. A peine 2 semaines après son incroyable défaillance dans la Planche des Belles Filles qui a lui a coûté le maillot jaune, le Slovène se remettait déjà à l’endroit en remportant Liège-Bastogne-Liège, bien aidé par un Alaphilippe bien décidé à empêcher Hirschi et Pogacar de s’imposer. Quelques semaines plus tard le Slovène s’élançait sur la Vuelta avec la ferme attention de conserver son bien. Mission accomplie. Et haut la main. Certes il a été mis en difficulté par Carapaz notamment lors de l’avant dernière étape mais lorsque l’on regarde les chiffres il ne fait aucun doute que Roglic a écrasé cette Vuelta : victoire au classement général, victoire au classement par points, 13 jours en rouge, victoires de quatre étapes, trois fois 2ème pour un total ahurissant de de neuf top 5. Sur 18 étapes ! Il a pu une nouvelle fois compter sur une équipe très forte mais il a construit tout seul sa victoire en allant remporter le contre-la-montre de Dumbria. Et lorsque que Richard Carapaz s’est envolé sur les pentes de la Covatilla, le Slovène a su rester calme et gérer sa montée. Pour remporter sa 2ème Vuelta consécutive et effacer (en partie) la déception du Tour de France.  

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