Le meilleur grimpeur actuel

Pour réaliser ce classement j’ai pris en compte plusieurs critères : tout d’abord il faut que le coureur soit un pur grimpeur (c’est pourquoi je n’inclurais pas des coureurs comme Tom Dumoulin, Primoz Roglic ou Geraint Thomas car je considère que ce sont avant tout des rouleurs qui savent grimper), ensuite je prends en compte le palmarès et enfin le panache du coureur. Ce classement est purement personnel et subjectif.

Mentions honorables :

Romain Bardet :

Alors oui vous pouvez légitimement vous offusquez et mettre en avant ses deux podiums sur le Tour ainsi que ses 3 victoires étapes. Oui vous pouvez dire qu’il a été un des seuls à faire douter Froome en montagne. Mais pour moi il manque un petit quelque chose à l’auvergnat pour pouvoir prétendre être dans la caste des très grands grimpeurs. Oui c’est un pur grimpeur (en témoigne ses immenses lacunes en chrono), oui il a du panache, oui son palmarès n’est pas horrible. Mais Romain Bardet n’a jamais été en position de remporter un grand tour et il n’en a jamais été non plus le leader. De plus il semble quelque peu stagner ces dernières années en témoigne son dernier Tour de France très décevant. Alors oui Romain Bardet est un bon grimpeur mais pas assez pour intégrer ce top 5.

Mikel Landa :

Le basque est indéniablement un des meilleurs grimpeurs du peloton. Mais il n’est jamais monté sur le podium du Tour de France (il a fini 4ème en 2017 à 1 seconde de Roman Bardet et serait monté sur le podium sans son travail pour Chris Froome) et s’il est monté sur le podium du Tour d’Italie en 2015 c’est en tant qu’équipier de Fabio Aru. Voilà donc le principal défaut de Mikel Landa il n’a jamais réussi à s’imposer en tant que leader unique sur un gr              and tour et ce malgré ses indéniables qualités. Son transfert chez Bahreïn-McLaren devrait lui permettre d’avoir enfin une équipe à son service sur un grand tour. A lui de s’en montrer à la hauteur.

Miguel Angel Lopez :

L’espoir colombien le plus attendu jusqu’à l’émergence d’un certain Egan Bernal c’était lui. A à peine 21 ans il se montre déjà à son avantage sur le tour de Suisse qu’il termine à la 7ème place. Puis il remporte cette même course dès l’année suivante confirmant son statut de futur grand du cyclisme mondial. Un an plus tard sur la Vuelta, qu’il dispute pour épauler Fabio Aru, il crève l’écran en remportant deux étapes et en finissant 8ème du classement général. Puis il enchaîne en 2018 avec deux 3ème place sur le Tour d’Italie et d’Espagne prouvant son potentiel. A ce moment-là on pense tenir un vainqueur de grand tour en puissance mais il échoue à confirmer en 2019 en ne finissant que 7ème du Giro. « Superman » Lopez peine donc à confirmer les attentes placées en lui et il ne s’est toujours pas aligné sur le Tour de France. Un grand potentiel donc mais à confirmer en Juillet.

Simon Yates : Certains s’offusqueront peut-être de ne pas retrouver le britannique plus haut dans le classement et c’est légitime. J’ai beaucoup hésité mais c’est finalement Thibault Pinot qui a eu les honneurs du top 5. D’abord dans l’ombre de son frère Adam il réussit très vite à se faire remarquer en finissant 7ème et meilleur jeune du Tour de France 2017 (succédant ainsi à…Adam). Mais c’est lors du Giro 2018 qu’il se révèle totalement. 3 victoires d’étapes et leader de la course pendant 13 étapes, il impressionne tout le monde. S’il finit par craquer à deux jours de l’arrivée ce n’est que partie remise puisqu’il remporte le Tour d’Espagne effaçant son échec italien. Et l’année dernière Simon Yates remporte deux étapes en échappée sur le Tour de France. Encore jeune il peut encore progresser mais doit encore confirmer notamment sur le Tour de France où il n’a jamais fait mieux que 7ème.

5. Thibault Pinot :

Thibault Pinot fait un peu figure d’intru dans cette liste. En effet il est le seul coureur à n’avoir remporté aucun Grand Tour. Il ne peut même se targuer « que » d’une 3ème place sur un Tour 2014 privé de plusieurs grands leaders. Mais Pinot c’est bien plus que ça. Pinot c’est le panache. Pinot c’est une victoire mémorable sur le Tourmalet l’année dernière. Pinot c’est le Français qui a été le plus proche de succéder à Bernard Hinault. Pinot c’est aussi les terribles échecs. Tout le monde se souvient de ses pleurs sur la route de Tignes. Ou de sa terrible pneumopathie qui le priva d’un podium du Giro qui lui tendait les bras. Pinot c’est des très hauts et des très bas.

Révélé sur le Tour de la Vallée d’Aoste qu’il remporte en 2009 il passe professionnel à 19 ans dans la formation de Marc Madiot. Avec le maillot de la FDJ il ne tarde pas à montrer ses prédispositions pur la montagne en remportant le classement dédié au Tour de Romandie avant de finir 3ème d’une étape du Critérium du Dauphiné à seulement 20 ans. Puis l’année suivante il finit 2ème d’une étape de la même épreuve seulement battu par Joaquim Rodriguez. Il continue son année en remportant le Tour d’Alsace puis l’étape reine du Tour de l’Ain avant de remporter la Semaine Lombarde en devenant le plus jeune vainqueur depuis un américain quelque peu sulfureux.

Mais c’est en 2012 qu’il se révèle au grand public. Plus jeune coureur du Tour de France cela ne l’empêche pas de remporter la 8ème étape sous les encouragements d’un Marc Madiot totalement hystérique. Le journal l’Equipe lui consacrera sa Une (avec Roger Federer excusez du peu) sous le titre « un grimpeur est né ». Il ne se tromperont pas. Thibault Pinot rallie Paris en 10ème position avec le maillot de meilleur jeune dans ses bagages.

Mais le grimpeur français peine à confirmer en 2013 : s’il finit 8ème du Tour de Catalogne et 4ème du Tour de Suisse il ne supporte pas la pression qui pèse sur ses épaules lors du Tour de France. Enervé de ne pas réussir à suivre les favoris dans la première étape pyrénéennes il craque en jetant son oreillette dont le fil vient se prendre dans ses rayons. A l’arrivée il perdra six minutes sur Chris Froome avant de terminer dans le grupetto le lendemain. Il quitte le Tour au début de la dernière semaine de course. Un abandon qui en appelle d’autres.

Après une Vuelta correcte terminée à la 7ème place le grimpeur jurassien fait du Tour de France son objectif de l’année 2014 bien décidé à oublier l’édition précédente. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il va réussir. Il passe tout d’abord entre les gouttes des nombreux abandons (Chris Froome, Contador) et défaillances (Richie Porte) puis fait ensuite étalage de tout son talent pour être le meilleur des « autres » en montagne derrière un Nibali intouchable. Il réalise un très bon contre-la-montre lors de l’avant dernière étape pour s’assurer une place sur le podium derrière le Requin de Messine et son compatriote Jean-Christophe Péraud. Même s’il termine à plus de 8 minutes de l’italien il prouve qu’il a l’étoffe d’un futur vainqueur.

Début Mai 2015 il remporte l’étape reine du Tour de Romandie et se classe 4ème au général puis il gagne l’étape reine du Tour de Suisse avant de se classer encore 4ème du général. Il se présente au départ du Tour de France comme un prétendant sérieux au podium voire mieux. Mais perd beaucoup de temps dès la première semaine et abandonne le classement général pour essayer de remporter une étape. Lors de la 14ème étape il revient sur Romain Bardet et on croit alors que la victoire va se jouer entre les deux hommes mais ce diable de Steve Cummings revient du diable vauvert pour les crucifier. Pinot finit 2ème de l’étape. Lors de la 17ème étape il est en course pour la victoire mais il chute et ne parvient pas à revenir sur Simon Geschke. Mais ce n’est que partie remise car lors de l’étape de l’Alpe d’Huez le français se lance dans une grande offensive, lâche Ryder Hesdejal et résiste au retour d’un Nairo Quintana déchaîné pour s’offrir une victoire de prestige.

Pinot finira sa saison pour un beau podium sur le Tour de Lombardie et se classera 10ème au classement UCI confirmant qu’il est bien un coureur majeur du peloton.

Il commence la saison 2016 par une encourageante 5ème place sur Tirreno-Adriatico (où l’étape de montagne a été annulée) puis il remporte le Critérium International et finit 2ème du Tour de Romandie. Il remporte ensuite le championnat de France du contre-la-montre confirmant ses progrès dans l’exercice même s’il est vrai que la concurrence n’est pas extrêmement féroce. Sur le Tour de France il connaît un nouveau passage à vide en n’arrivant pas à suivre les meilleurs dès que la route s’élève. Une bronchite le contraint à l’abandon.

Il décide de changer de stratégie en 2017 et de courir pour la première fois le Tour d’Italie. Il réalise un Giro de très haut niveau en étant un des seuls à résister à Quintana en montagne. Thibault Pinot effectue une excellente 3ème semaine de course en distançant les favoris lors de 18ème étape puis en remportant la 20ème étape. Au départ de l’ultime contre-la-montre il est sur le podium provisoire. Il n’est qu’à 43 secondes du leader mais il ne parviendra pas à refaire son retard et sera dépassé par Tom Dumoulin pour se classer finalement 4ème de cette édition.

Il ne parvient pas à récupérer efficacement pour jouer un rôle sur le Tour de France et abandonne lors de la 17ème étape de la Grande Boucle. Sa fin de saison est marquée par une victoire au général sur le Tour de l’Ain puis une 5ème place au Tour de Lombardie.

Sa saison 2019 est peut-être sa saison la plus réussie. Il remporte tout d’abord le Tour des Alpes devant Pozzovivo, Lopez ou encore Froome avant de se présenter au départ du Giro avec des ambitions légitimes. Il réussit à accompagner Froome ou Dumoulin en montagne avant de logiquement leur céder du temps lors du chrono de la 16ème étape. Il profite de l’énorme défaillance du maillot rose Adam Yates pour monter sur le podium au soir de la légendaire 19ème étape remportée par Froome après un numéro extraordinaire. Même s’il est encore sous la pression de Miguel Angel Lopez, Pinot a de bonnes chances de finir sur le podium final. Malheureusement la 20ème étape se transforme pour lui en chemin de croix et il met un point d’honneur à la terminer. Immédiatement transporté à l’hôpital on lui diagnostique une pneumopathie. Cela l’oblige à renoncer au Tour de France.

Il retrouve les routes espagnoles à l’occasion de la Vuelta où il remporte 2 étapes et se classe 6ème du général. Les malheureux du Giro sont à l’honneur sur la Vuelta comme en témoigne Pinot mais également Adam Yates qui remporte le classement général. Thibault Pinot réalise ensuite une excellente campagne de classiques italiennes avec en point d’orgue sa victoire sur Milan-Turin où il sera bien aidé par le travail de David Gaudu pour éliminer ses adversaires (demandez donc à Miguel Angel Lopez ce qu’il en pense). C’est donc rempli de confiance qu’il se présente au départ du Tour de Lombardie. La course se décante à 50 kilomètres de l’arrivée et on retrouve en tête quatre coureurs : Roglic, Bernal, Nibali et Pinot. Ces deux derniers s’échappent et se livrent un duel acharné. Il faudra plusieurs accélérations pour que Thibault Pinot parvienne à se débarrasser de son bourreau des années précédentes. Le Franc-Comtois s’en va chercher un magnifique succès pour clore une saison où il aura une nouvelle fois montré ses qualités et ses limites.

2019 commence plutôt bien pour Pinot avec une 5ème place sur Tirreno-Adriatico. Il se présente une nouvelle fois au départ du Tour de France en tant de favori pour la victoire finale. Lors de la 8ème étape il réalise un joli numéro avec Julian Alaphilippe pour reprendre des précieuses secondes aux autres favoris avant de se faire piéger sur un coup de bordure deux jours plus tard. Son excellent contre-la-montre lui permet de se replacer au général avant d’aborder les grosses étapes de montagne. Il remporte une victoire mémorable au sommet du Tourmalet et la France se prend à rêver d’enfin avoir un successeur à Bernard Hinault. Lors des étapes suivantes il continue de reprendre du temps et est 4ème au classement général à seulement 20 secondes d’Egan Bernal et de Geraint Thomas. Mais une blessure musculaire le force à abandonner une nouvelle fois. Tout le monde se souvient de ces images terribles où on le voit pleurer sur son vélo, incapable de suivre ses propres équipiers.

Thibault Pinot se pose comme l’un des meilleurs coureurs dès que la route s’élève. Ses nombreux succès ne laissent aucun doute là-dessus tout comme son style offensif et plein de panache. Malheureusement il a longtemps joué de malchance pour conquérir un Grand Tour. Son crève-cœur sur le dernier Tour de France peut lui donner la motivation nécessaire comme il le dit lui-même : « Pour oublier tout ça, il faudra que je gagne le Tour ». C’est tout le mal que l’on lui souhaite mais il ne faudra pas trop traîner car l’occasion ne se représentera peut-être pas deux fois. Ce coureur ne laisse personne indifférent et transmets de émotions. C’est peut-être ça finalement qui définit le mieux un grand grimpeur.

4. Richard Carapaz :

Le coureur équatorien, fan de Marco Pantani, a imité son idole en remportant le tour d’Italie 2019. Du haut de ses 26 ans on peut penser qu’il a encore de belles années devant lui. Pour un jour remporter le Tour de France ?

Très vite le jeune Richard Carapaz attire l’attention par ses résultats. Vainqueur des championnats panaméricains espoirs puis très en vue sur le relevé Tour des Pays de Savoie où il prend la neuvième place il ne tarde pas être considéré comme le meilleur espoir équatorien depuis des années.

En mars 2016 Carapaz traverse l’Atlantique pour poser ses valises en Espagne. Ici il gagnera une étape et le classement final du tour de Navarre lui permettant de décrocher un contrat stagiaire dans la formation Movistar. A la fin de l’année il passe professionnel chez les espagnols avant de signer une année honorable notamment marquée par sa deuxième place du Grand Prix de l’industrie et de l’artisanat de Larciano seulement battu par Adam Yates.

En Avril 2018 il remporte sa première victoire professionnelle à l’occasion du Tour des Asturies avant d’en remporter le général. Puis il participe au Tour d’Italie pour la première fois. Il s’empare du maillot blanc de meilleur jeune avant de remporter la huitième étape. Il livrera ensuite une bataille homérique et quelques fois ô combien ridicule à Miguel Angle Lopez pour le maillot de meilleur jeune. Il échouera finalement dans sa quête pour un peu moins d’une minute mais profitera de la spectaculaire défaille de Simon Yates puis du tout aussi impressionnant abandon de Thibault Pinot pour finir 4ème à Rome.

Il revient un an plus tard en partageant le leadership de l’équipe Movistar avec le basque Mikel Landa. Malgré sa 4ème de l’an passé peu le considèrent comme un favori. En effet le duel (enfin pas vraiment duel puisqu’ils sont trois) Nibali – Roglic – Dumoulin cristallise toutes les attentions. Et le slovène répond présent en remportant le chrono d’ouverture. Lors de la 4ème étape un grosse chute collective élimine Dumoulin tandis que Carapaz s’en va remporter la victoire d’étape. Puis lors du contre-la-montre de Saint-Marin Roglic met ses adversaires à bonne distance. Mais lors de la 13ème étape le slovène fait l’erreur de se focaliser sur Nibali et laisse filer le duo de la Movistar qui reprennent 1 minute et 30 secondes. Dès le lendemain Richard Carapaz s’envole sur les pentes du col de San Carlo et franchit la ligne d’arrivée avec près de deux minutes d’avance sur Roglic et Nibali. L’équatorien s’empare alors du maillot rose de leader et le défendra avec succès jusqu’à Vérone. Il devancera finalement Nibali de plus d’une minute et Roglic de 2 minute 30.

Son succès dans ce tour d’Italie a prouvé à tout le monde le grand grimpeur qu’il est. Il n’a pas peur d’attaquer loin de l’arrivée. Il faudra cependant confirmer au plus haut niveau et son transfert chez Ineos laisse planer un gros doute. Deviendra-t-il un équipier modèle comme Porte, Kwiatkowski ou encore Poels avant lui ? Devra-t-il sacrifier ses ambitions personnelles ou pourra-t-il au contraire compter sur l’armada britannique pour s’imposer comme l’un des meilleurs coureurs au monde ? Seul l’avenir nous le dira.

3. Christopher Froome :

A-t-on encore réellement besoin de présenter Christopher Froome ? Son palmarès XXL parle pour lui : quadruple vainqueur du tour de France, double vainqueur du tour d’Espagne et vainqueur du tour d’Italie (et de quelle manière !).

Le natif de Nairobi déménage à 15 ans pour aller s’installer en Afrique du Sud à Johannesbourg. Grâce à l’aide de l’UCI il court pour le centre mondial du cyclisme et participe, sous le maillot kenyan, aux championnat du monde espoir 2006 contre l’avis de sa fédération allant même jusqu’à pirater la boite mail du président de la fédération kenyane pour s’inscrire ! Et le mins que l’on puisse dire c’est que ce fut une expérience marquante. Non pas pour ses résultats, 36ème du chrono, mais pour une vidéo devenue depuis virale où on le voit percuter un policier dès le premier virage.

Il passe professionnel en 2007 au sein de la formation sud-africaine Konica Minolta. Il y connaît des bons résultats (victoire d’étape sur le Giro delle Regione et sur le Tour du Japon) et convainc Barloworld de lui faire signer un contrat. Il décide de changer de nationalité sportive et de courir sous pavillon britannique, conscient des limites de la fédérations kenyane. Dès sa première année au sein de cette formation il participe au Tour de France où il se signale en finissant 14ème du chrono de la 20ème étape.

Chris Froome possède donc des qualités de rouleur mais prouve aussi qu’il peut grimper en se classant 3ème au sommet du Mont Faron lors du tour Méditerranéen 2009. Il participe ensuite à des courses prestigieuses comme la Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège et le Tour d’Italie.

Mais à la fin de la saison 2009 son équipe disparait et Froome signe chez la nouvelle équipe britannique Sky. Il traverse la saison 2010 assez discrètement avec pour seul résultat marquant une 2ème place aux championnats de Grande-Bretagne de contre-le-montre derrière Bradley Wiggins.

Il entame la saison 2011 par plusieurs top 15 notamment au classement général du Tour de Romandie et parvient à accompagner les meilleurs en montagne lors du Tour de Suisse. Puis il a pour mission d’aider son leader Bradley Wiggins à remporter le tour d’Espagne. Cependant au soir de la 10ème étape Chris Froome se retrouve leader du général après un excellent chrono dont il a pris la 2ème place. Il perd son maillot au profit de son coéquipier anglais puis effectue un travail remarquable pour éliminer Nibali et Rodriguez de la course à la victoire finale. Lors de l’étape reine à l’Angliru il finit plus de trente secondes devant son leader et reste second du général cette fois derrière Juan José Cobo. Lors de la 17ème étape il devance l’espagnol pour s’adjuger l’étape mais n’arrive pas à le lâcher. A l’issue de la dernière étape il finit dauphin pour 13 secondes du surprenant espagnol Cobo, tellement surprenant qu’il sera finalement déclassé 9 ans plus tard laissant Chris Froome remporter le premier grand tour de sa carrière.

Après cette révélation sur le tour d’Espagne Froome rempile pour trois ans au sein de la formation Sky. Son principal objectif de l’année 2012 est d’aider Bradley Wiggins à remporter le Tour de France. En effet les 96 kilomètres d’effort individuel avantagent grandement l’ancien pistard. Après une crevaison dans le prologue qui lui coûte une minute Chris Froome remporte la 7ème étape au sommet de la Planche des Belles Filles puis il prend la seconde place du contre-la-montre de Besançon, derrière Wiggins, et se replace sur le podium provisoire. Puis deux jours plus tard son travail fait exploser tout le monde, y compris son leader, et il doit stopper son effort Une semaine plus tard le même scénario se produit et Froome attend une nouvelle fois son leader renonçant à la victoire d’étape qui lui tendait les bras. Wiggins remporte le chrono de la 19ème étape et Froome se classe 2ème. Il finit le Tour de France à la 2ème place en ayant prouvé qu’il était capable de le remporter dans le futur.

Il s’avance au départ du tour d’Espagne en tant que leader unique de la formation britannique. Son adversaire principal n’est autre qu’un des meilleurs coureurs de sa génération Alberto Contador. Il doit cependant s’incliner face au trio espagnol Rodriguez – Contador – Valverde et assiste de loin à l’exploit de Contador qui retourne la Vuelta à Fuente Dé. Il rallie Madrid en 4ème position à plus de 10 minutes d’Alberto Contador.

2013 est l’année de la confirmation de son talent au plus haut niveau. Il débute par une seconde place sur Tirreno-Adriatico puis en gagnant le Critérium International, le Tour de Romandie et le Critérium du Dauphiné. C’est donc en favori que se présente Christopher Froome au départ du Tour de France 2013. Et il ne va pas faillir. Il s’impose à Ax 3 Domaines lors de la 8ème étape puis l’étape du Mont Ventoux devant un jeune colombien très prometteur et gagne enfin le contre-la-montre entre Embrun et Chorges. Il achève ce tour de France en 1ère position avec plus de 4 minutes d’avance sur son dauphin, le colombien Nairo Quintana.

Son début de saison 2014 est contrasté et il se présente au départ du Tour de France sans trop de repères. Il abandonne dès la 5ème étape suite à une chute avant même de rentrer sur les pavés. Il décide de reporter ses ambitions sur le tour d’Espagne où il affronte Contador, Quintana ou Valverde. Il ne parvient pas à les suivre mais à la faveur d’un sursaut d’orgueil il parvient à remonter et à se classer 2ème derrière Contador vainqueur final.

La saison suivante commence pour Froome avec une victoire au Tour d’Andalousie puis finit 3ème du Tour de Romandie avant de remporter le Critérium du Dauphiné. Il arrive au départ du Tour de France avec le statut de favori comme Quintana, Contador ou Nibali. Il peut compter sur le travail de son équipe pour s’emparer du maillot jaune avant même que la montagne ne commence. Et lorsqu’elle commence il accroît encore plus son avance en s’imposant à la Pierre Saint Martin. Si sur le vélo tout se passe bien, Froome subit des insultes, des crachats ou même un jet d’urine de la part des spectateurs. En fin de Tour Nairo Quintana refait un peu son retard notamment lors de l’étape de l’Alpe d’Huez (brillamment remporté par Thibault Pinot au passage) où il reprend 1 minute 20 au maillot jaune. La marge de Froome était cependant suffisante et il remporte son 2ème Tour de France au soir de l’étape des Champs-Elysées.

Il se présente en 2016 au départ du Tour de France avec pour seul résultat majeur le classement général du Dauphiné. Il remporte la 8ème étape du Tour et s’empare du maillot jaune. La 12ème étape du Tour de France est sans doute l’une des plus marquantes de ces dernières années. Les vents violents au sommet du Ventoux ont obligé les organisateurs a placé l’arrivée à 5 kilomètres du sommet. La foule de spectateurs, déjà conséquente, s’est donc agglutinée sur un espace réduit. Froome attaque près du sommet et seul Porte et Mollema parviennent à le suivre. Mais le trop grand nombre de spectateurs oblige la moto ouvreuse à s’arrêter et les trois coureurs la percutent assez violement. Le vélo du britannique se casse sur le coup. Après un petit temps de réflexion Chris Froome décide courir pour perdre moins de temps et nous permettra d’entendre ce commentaire mythique de Thierry Adam : « Christopher Froome qui n’a plus de vélo ! Christopher Froome à pied ! Mais quelle image du Tour ! On a jamais vu ça ! Un maillot jaune à pied !». Effectivement c’est une scène inédite. Après décision des commissaires il conservera son maillot jaune et pourra aller gagner son 3ème Tour de France.

Puis il finit 3ème du chrono des Jeux Olympiques avant de se classer 2ème de la Vuelta derrière Nairo Quintana en remportant trois étapes.

Pour la première fois depuis longtemps Christopher Froome échoue à remporter le Critérium du Dauphiné en se classant 4ème de l’édition 2017. Il aborde le Tour de France avec 0 victoire dans son escarcelle mais cela ne l’empêche pas de remporter le classement général sans toutefois remporter la moindre victoire d’étape. Sa marge finale (54 secondes sur Rigoberto Uran) sera finalement assez faible mais suffisante pour se rapprocher des monstres sacrés que sont Indurain, Anquetil, Hinault et Merckx.

Il vise dans la foulée le doublé sur le Tour d’Espagne. Il s’empare du maillot de leader dès la 3ème étape puis remporte la 9ème étape. Il profite du chrono de la 16ème étape pour accroître son avance sur Nibali et Contador. Ces derniers ne se découragent pas mais n’arrivent pas à priver Christopher Froome de remporter son 2ème Tour d’Espagne six ans après le premier et de réaliser un doublé que le dernier à avoir réussi était Bernard Hinault en 1978.

Cependant en décembre de la même année il est révélé que le coureur britannique a subi un contrôle antidopage anormal lors de sa Vuelta victorieuse. Son taux de concentration de salbutamol est deux fois plus élevé que la dose autorisée. Froome déclarera qu’il y était autorisé pour soigner son asthme. Bizarre tous ces champions qui sont en fait en moins bonne santé que mon grand-père. Enfin bon l’UCI a mis fin à la procédure en Juin 2018 alors si l’UCI dit que Froome ne se dope pas alors c’est que c’est forcément vrai. Et surtout la décision tombe 5 jours avant le début du Tour 2018. De quoi permettre au champion britannique de prendre le départ de la Grande Boucle. En 2014 Diego Ulissi n’avait pas connu la même clémence. Une autorisation bienvenue au regard des quelques 7 millions d’euros dépensés par Sky pour défendre son poulain…

En attendant que ce jugement tombe Froome annonce son intention de prendre part au Tour d’Italie 2018. Malgré un début de saison difficile, et une défiance légitime du milieu et des spectateurs, Froome se présente au départ du Giro dans le costume d’un favori. Au soir de la première arrivée au sommet Froome pointe à plus d’une minute de son compatriote Simon Yates. Mais il connaît un remarquable sursaut d’orgueil en s’imposant sur les pentes du mythique Monte Zoncolan au terme d’un mano à mano épique avec Simon Yates. Le contre-la-montre de la 16ème étape lui permet de se replacer au général et il réalise ce qui est sans doute son plus bel exploit lors de la 19ème étape. Le maillot rose Simon Yates craque totalement dès le début de l’étape et Christopher Froome se retrouve rapidement seul avec Pinot, Dumoulin ou Lopez. Il décide alors de partir seul à plus de 80 kilomètres de l’arrivée. Une entreprise totalement suicidaire pense-t-on. Pendant de longs kilomètres son avance ne dépassera pas les 30 secondes. Mais petit à petit il réussit à creuser grâce à ses qualités de rouleurs et il remporte cette étape avec 3 minutes d’avance sur Carapaz et Pinot et 3 minutes 20 sur Dumoulin ! Au terme d’un raid solitaire de plus de 80 km ! Alors que l’on aime ou que l’on aime pas le bonhomme il faut le reconnaître il a réalisé ce jour-là un exploit monumental de la trempe des plus grands. Un exploit qui lui permet de remporter ce Giro.

Christopher Froome remporte donc à la suite le Tour de France, le Tour d’Espagne et le Tour d’Italie et devient le 7ème coureur à avoir remporté les 3 Grands Tours.

Dans un premier temps ASO, l’organisateur du Tour de France, l’interdit de prendre le départ du Tour de France 2018 mais dès le lendemain l’UCI l’y autorise en mettant fin à la procédure pour dopage. Son Tour de France commence mal avec une chute dès la 1ère étape mais dès que les Alpes se profilent il se replace 2ème au général derrière son coéquipier Geraint Thomas. On peut alors craindre un scénario où les deux leaders de la Sky n’arriverait pas à travailler ensemble. Mais Thomas s’empare du leadership en se montrant le plus fort dans les Pyrénées. Froome se concentre alors sur le podium et il l’assure à la fin du contre-la-montre de la 20ème étape où il est trop court d’une seconde pour remporter l’étape. Il rallie Paris en 3ème position au général.

Son année 2019 est centrée sur le Tour de France qu’il envisage de remporter pour la 5ème fois. Le 12 Juin 2019 il chute violement lors de la reconnaissance du chrono du Critérium du Dauphiné. Cette violente chute engendrera une fracture ouverte du fémur, une fracture du coude, une fracture de la hanche, une fracture d’une vertèbre, une fracture du sternum, plusieurs côtes cassées, une hémorragie lui fera perdre 2 litres de sang, et une perte de connaissance. Il doit logiquement renoncer à prendre part à la Grande Boucle.

Christopher Froome est sans aucun doute le meilleur coureur de tours de sa génération. Il a su performer aussi bien lors de l’effort solitaire qu’en montagne où il remporté nombres de ses succès. Son style si caractéristique et peu esthétique n’en est pas moins diablement efficace. Sa Vo2 max de 88,2 ml/min/kg est extrêmement élevé tout comme sa puissance (446 watts sur la montée d’Ax 3 domaines, à titre de comparaison Armstrong avait développé 449 watts). Mais à 34 ans ses plus belles années sont déjà derrière lui et la jeune génération est déjà prête à prendre le relai. De plus il faut voir quelles seront les séquelles de sa lourde chute mais le défi de rejoindre des coureurs de légende en remportant un 5ème Tour de France pourrait le motiver à revenir à son meilleur niveau.

2. Egan Bernal :

Le plus jeune vainqueur du Tour depuis François Faber en 1909 n’a que 23 ans mais il est déjà l’un des plus grands coureurs du peloton actuel. Sa fracture de la clavicule fin mai 2019 a sans doute été une bénédiction pour le jeune colombien puisqu’elle l’a obligé à déclarer forfait pour le tour d’Italie et de se concentrer sur le Tour de France. Avec le succès que l’on connaît.

Sa pratique du VTT jusqu’à ses 18 ans lui a permis de développer des grandes qualités d’explosivité et son sacre en juillet dernier n’en est que plus impressionnant car il ne se consacre donc à la route depuis à peine 4 ans. Son relatif manque d’expérience ne constitue pas un frein mais apporte même une fraicheur bienvenue.

Les données physiologiques du jeune Bernal sont absolument époustouflantes : sa VO2 max est de 88,2 là où Froome est à 85 et Indurain à 88. Cela vous classe un coureur. Gianni Siavo, figure respectée du cyclisme italien, n’hésite pas à lui proposer un contrat de quatre ans. L’Italien veut « le former et éviter de lui imposer une pression qui pourrait lui être contreproductive ». Mais l’œil aiguisé de Dave Brailsford remarque le phénomène et rachète son contrat dès 2018.

Et le colombien ne tardera pas à confirmer les attentes placées en lui en remportant, à 21 ans, le Tour de Californie puis en effectuant un travail remarquable pour ses leaders sur le Tour de France tout en s’y classant 15ème. Si une grosse chute sur la Classica San Sebastian l’oblige à observer une période d’inactivité de plus de deux mois, sa première saison dans l’élite est particulièrement réussie et ses dirigeants n’hésitent pas à le prolonger jusqu’en 2023, signe de la confiance qu’ils placent en lui pour l’avenir.

Comme mentionné ci-dessus Egan Bernal est initialement amené à être le leader de l’équipe Sky sur le tour d’Italie 2019. Pour ce faire il dispute Paris-Nice où il doit épauler le polonais Michal Kwiatkowski. Mais au soir de la grande étape de montagne il s’empare du maillot de leader et le défend sans faillir le lendemain pour s’adjuger le général devant Nairo Quintana et son coéquipier polonais. Pas mal pour un coureur de 22 ans.

Puis Bernal enchaîne avec une troisième place sur le tour de Catalogne et se place en prétendant sérieux pour la victoire finale au tour d’Italie. Mais peu de temps après, alors qu’il effectue une sortie d’entrainement, il est victime d’une chute et se fracture la clavicule. Cela l’oblige à repousser ses ambitions en juillet. Après une reprise victorieuse au Tour de Suisse il se présente en tant que coleader de la formation britannique à Bruxelles.

Egan Bernal passe la première semaine sans encombre se montrant même très à l’aise dans les bordures notamment lors de la 10 étape où il est un des rares leaders à finir dans le groupe de 28 qui se dispute la victoire. Et s’il se rate quelque peu dans le chrono de Pau en concédant 1 minute et 3- secondes à Julian Alaphilippe, Bernal se rattrapera magistralement lors de la 19ème étape sur les pentes du col de l’Iseran en passant au sommet avec une minute d’avance sur Geraint Thomas et deux sur le maillot jaune. Un violent orage de grêle et une énorme coulée de boue obligent la neutralisation de la course et Bernal s’empare du maillot jaune.

En aurait-il été ainsi si l’étape avait été à son terme ? Difficile de le dire. Egan Bernal défendra sans problèmes son maillot jaune le lendemain pour devenir le premier colombien à remporter le tour de France.

Egan Bernal a démontré qu’il était un grimpeur d’exception. Naturellement avantagé, à l’instar des coureurs des hauts plateaux sud-américains, dès que la route s’élève à plus de 2000 mètres il est capable de produire de violentes accélérations puis de produire un effort soutenu sur plusieurs dizaines de minutes. Et le plus impressionnant dans tout cela est sans aucun doute le fait qu’il n’ait que 23 ans. Et quand on sait que la plupart des coureurs cyclistes atteignent leur maturité physique vers 27 ou 28 ans cela en dit long sur le potentiel d’Egan Bernal. Et il possède en outre un staff lui faisant totalement confiance et une équipe entièrement dévouée à sa cause. Point non négligeable quand on voit les déboires d’un autre cycliste colombien dont nous parlerons un peu plus tard avec ses équipiers.

1. Nairo Quintana :

Et le meilleur grimpeur actuel (à mes yeux) n’est autre que Nairo Quintana. Tout d’abord immense espoir du cyclisme colombien puis vainqueur de deux grands tours avant une période compliquée « Nairoman » semble avoir totalement revigoré par son arrivée en Bretagne.

Révélé en remportant le Tour de l’Avenir 2010 Nairo Quintana signe en 2012 au sein de la puissante équipe espagnole Movistar. Dès Juin il remporte une étape du Critérium du Dauphiné puis la Route du Sud en écrasant totalement ses adversaires lors de l’étape reine. Il est ensuite sélectionné pour son premier d’Espagne où son équipe remporte le contre-la-montre par équipe d’ouverture. Il sert d’équipier à Alejandro Valverde et réussit même à l’accompagner notamment lors de la 15ème étape et boucle son premier Grand Tour sans étincelles mais avec le sentiment du devoir accompli.

Il ne mettra pas longtemps à confirmer les espoirs placés en lui. En effet dès l’année suivante il réalise un Tour de France de très haut niveau. Initialement présent pour épauler Alejandro Valverde, le colombien se retrouve propulsé leader après que ce dernier se soit piéger dans l’étape des bordures vers Saint-Amand Montrond (une étape totalement inoffensive en apparence mais qui s’avérera exceptionnelle). Et lors du 14 Juillet et de l’étape du Ventoux Quintana se lance dans un raid loin de l’arrivée. Il résiste jusqu’au retour de Chris Froome avant de céder face au britannique dans le dernier kilomètre. Mais c’est une certitude : ce coureur est un futur très grand. A la lutte pour le podium Nairo Quintana remporte la 20ème étape en repoussant Contador à plus de deux minutes et s’empare ainsi de la 2ème place du général. Il devient le colombien le mieux classé sur un tour de France et est fêté en héros à son retour au pays.

2014 est l’année de la confirmation pour le natif de Tunja. Il remporte la 16ème (dans des conditions certes litigieuses) et 19ème étape du Giro et devance un autre colombien, Rigoberto Uran, au classement général. Il devient donc le 2ème colombien à gagner un Grand Tour rejoignant la légende Luis Herrera vainqueur du Tour d’Espagne 1987. C’est donc en tant que favori qu’il prend le départ de sa 2ème Vuelta. Mais alors qu’il porte le maillot de leader il chute lourdement lors du contre-la-montre puis à nouveau le lendemain. Il est contraint à l’abandon.

En 2015 il remporte tout d’abord Tirreno-Adriatico avant de prendre part au Tour de France bien décidé à y inscrire son nom au palmarès. Mais le colombien perd plus d’une minute trente dès la 3ème étape et, à mi-Tour, il compte déjà deux minutes de retard sur Chris Froome. Il ne peut suivre le britannique lors de l’arrivée à La Pierre Saint-Martin mais se replace un peu plus tard 2ème au général. Il réussit enfin à reprendre du temps à Froome lors de la 19ème étape mais c’est lors de la 20ème étape qu’il le met vraiment en danger en lui reprenant 1 minute et 20 secondes. Mais cela ne suffira pas et Nairo Quintana devra se contenter une nouvelle fois de la 2ème place finale. Mais il se rapproche.

Une nouvelle fois considéré comme le grand rival de Chris Froome, il se montre très décevant et termine 3ème à plus de 4 minutes sans n’avoir jamais semblé être en mesure de pouvoir faire basculer le Tour. Pour se remettre de cet échec (oui un podium sur la plus grande course du monde est un échec pour Quintana, ce qui vous place le bonhomme) il s’aligne sur la Vuelta. Il en remporte la 10ème étape et retrouve le maillot de leader qu’il avait cédé à son compatriote David de la Cruz. Alors que ce dernier semblait à la peine Chris Froome revient dans le jeu en remportant la 11ème étape et en revenant à moins d’une minute du colombien. Mais lors de la 15ème étape Quintana le repousse à près de 3 minutes et s’assure ainsi le classement général de cette Vuelta. Il prend ainsi sa revanche sur son bourreau de Juillet.

Il remporte à nouveau l’édition 2017 de Tirreno-Adriatico et prend part au Giro en tant que grand favori. Il se montre digne de son statut en s’emparant du maillot rose en remportant la 9ème étape. Mais la perd dès le lendemain à l’issue du chrono remporté par Tom Dumoulin. Pourtant meilleur grimpeur il peine à distancer le hollandais à voit même ce dernier réaliser une montée exceptionnelle et remporter la 14ème étape. Il réussira finalement à lui reprendre plus de deux minutes lors de la 16ème étape avant de profiter des problèmes intestinaux du rouleur hollandais pour reprendre son maillot de leader à 2 jours de l’arrivée. Il aborde l’ultime contre-la-montre en tête mais Tom Dumoulin ne lui laisse aucune chance et Quintana doit de se contenter de la 2ème place finale à a peine 30 secondes du vainqueur.

Il tente ensuite d’enchaîne avec le Tour de France mais il doit très vite se rendre à l’évidence : son Tour d’Italie l’a lessivé. Il se rabat sur les victoires d’étapes sans succès et rallie Paris en 12ème position, très loin de l’inévitable Chris Froome.

Il veut revenir plus fort en 2018 mais son début de Tour est compliqué et il se retrouve à plus de 3 minutes du leader Geraint Thomas au soir de la 11ème étape. Et à plus de 4 minutes lors de la dernière journée de repos. Quintana se montre enfin à son avantage sur la 17ème étape qu’il remporte avec un panache qu’il semblait avoir oublié. Cela lui permet de se replacer à la course au podium mais une chute dès le lendemain le handicap et l’empêche de faire mieux qu’une 10ème place au général, loin des meilleurs.

Il termine 2ème de Paris-Nice 2019 derrière un jeune colombien amené à accomplir le destin qui lui semblait promis : un certain Egan Bernal. Cette fois il en est persuadé : cette année il gagne le Tour ! Et bien c’est encore raté. Un très mauvais début d’épreuve lui coûte 15 minutes sur les favoris. Il remporte cependant la 18ème étape en solitaire et se replace dans le top 10 du général. Mais cette étape lui laisse un goût d’inachevé car sa propre formation a assuré la poursuite derrière lui pour Landa et Valverde. Une nouvelle démonstration tactique de haut vol de la formation ibérique qui prouve une nouvelle fois qu’on peut être à la fois les plus forts et les plus bêtes (je vous conseille de regarder la série documentaire Netflix Dans la roue de l’équipe Movistar où l’on voit bien les dissensions dans l’équipe). Il finira finalement 8ème et Movistar placera Landa 6ème et Valverde 10ème. Un nouveau classement par équipe dans leur musette. Youpi !

Ce qui devait arriver arriva et Quintana annonce son transfert dans l’équipe bretonne Arkéa-Samsic. Un énorme coup pour la formation d’Emanuel Hubert ! Il participe dans la foulée au Tour d’Espagne dont il remporte la 2ème étape en vrai spécialiste des bordures qu’il n’est pas du tout. Il s’empare du maillot de leader au soir de la 9ème étape au prix d’un nouveau psychodrame (Marc Soler alors en course pour la victoire d’étape a reçu la consigne d’attendre ses leaders et après de vives contestations a accepter de se plier aux consignes) mais le reperd lors du chrono de l’étape suivante. Puis une nouvelle non-répartition des rôles chez Movistar fait que Quintana et Valverde se courent dessus tout en affirmant en public que le plus faible n’hésitera pas à se mettre au service de l’autre. Valverde finira finalement 2ème du général et Quintana 4ème.

Son transfert chez Arkéa-Samsic et l’environnement bien plus paisible qui l’entoure a redonné des ailes à Nairo Quintana en ce début de saison 2020. Il a remporté le Tour de la Provence, le Tour des Alpes-Maritimes et l’étape reine de Paris-Nice dont il aurait sans doute remporté le général sans une chute lors de la 2ème étape et l’annulation de la dernière.

Sans l’interruption de la saison cycliste il y a fort à parier qua Quintana aurait retrouvé son rang de favori au départ du Tour de France au vu de son impressionnant début de saison. Son changement d’équipe lui a fait le plus grand bien. Naturellement à l’aise à haute altitude le colombien a déjà prouvé qu’il était un des meilleurs escaladeurs de sa génération.  Avec une formation dévouée et au maximum de ses capacités je ne vois personne capable de rivaliser avec lui en montagne. Peut-il confirmer en remportant le prochain Tour de France ? Seul l’avenir nous le dira.

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