Bilan du Tour d’Espagne 2021

La 76ème édition du Tour d’Espagne s’est achevée ce dimanche à Saint-Jacques de Compostelle. Après une édition riche en émotions et en rebondissements l’heure est venue de tirer un bilan de ce Tour d’Espagne 2021.

Les tops:

Bahrain-Victorious :

Autant on a pu trouver leur stratégie étonnante (notamment lors de la 18ème étape où leur travail a plus profité à leurs adversaires qu’à leur leader) autant au soir de l’arrivée à Saint-Jacques de Compostelle le bilan de la formation bahreïni est plus que satisfaisant : un podium pour Jack Haig, une 5ème place et un maillot de meilleur jeune pour Gino Mäder et une victoire au classement par équipes.  La Bahrain-Victorious a parfaitement su se remobiliser après l’abandon de leur leader désigné Mikel Landa. Le collectif a été impressionnant et avec deux coureurs (que l’on n’attendait pas à ce niveau) dans le top 5 elle réalise un beau Tour d’Espagne.

Fabio Jakobsen :

Lui aussi a réussi sa Vuelta. 3 victoires d’étapes et le maillot vert. Un excellent bilan qui devient exceptionnel au vu de son histoire (le Néerlandais est passé tout proche de la mort en août 2020 après une énorme chute sur le Tour de Pologne). Pouvant compter comme d’habitude sur une équipe d’exception et une concurrence pas au niveau (à l’exception de Philipsen vainqueur de deux étapes avant d’abandonner l’épreuve) Fabio Jakobsen confirme son éclatant retour au plus haut niveau.

Intermarché Wanty-Gobert Matériaux :

Promue en première division du cyclisme en 2021 la formation belge ne fait décidément pas de complexes face à ses rivales aux budgets bien plus importants. Déjà auteur d’un beau Tour d’Italie (victoire d’étape de Taco Van der Horn) Intermarché Wanty-Gobert a réalisé une Vuelta exceptionnelle. Une victoire d’étape par l’intermédiaire de Rein Taaramäe, 9 jours en rouge (2 pour Taramäe et 7 pour Eiking), une 11ème place finale pour ce même Eiking (et sans l’abandon malheureux de Louis Meinjtes la formation belge aurait même ramenée un top 10 final) et une 5ème place au classement par équipe, voilà le bilan que beaucoup d’équipe pourront envier à la formation belge à la fin de cette Vuelta. Une réussite à confirmer certes mais une très belle surprise.   

Magnus Cort Nielsen :

Le Danois a réalisé une Vuelta de très haut niveau en étant avec Primoz Roglic l’un des deux meilleurs coureurs de ce Tour d’Espagne. Cort Nielsen s’est d’abord offert un fabuleux numéro victorieux lors de la 6ème étape en résistant de justesse à ce même Roglic puis il s’est fait rattraper dans les derniers mètres de la 11ème étape par le Slovène. Ce n’était que partie remise puisqu’il s’imposait dès le lendemain en réglant au sprint un groupe de costaud. Alors que Roglic avait remporté deux autres étapes pour reprendre l’avantage dans ce duel à distance Magnus Cort Nielsen égalisait lors de la 19ème étape en courant à la perfection. 3 partout donc. Et comme un symbole Primoz Roglic fut le seul à pouvoir priver le Danois de la victoire lors de l’ultime contre-la-montre. Cort Nielsen n’était certes pas un inconnu avant le départ de cette Vuelta mais il a indéniablement pris une autre dimension. Il s’est offert un titre de super-combatif amplement mérité et une nouvelle réputation.

Michael Storer :

La voilà la révélation de cette Vuelta ! L’Australien a éclaboussé la course de son talent en décrochant deux succès d’étapes en montagne en plus du maillot de meilleur grimpeur. Son succès sur le Tour de l’Ain en début d’année laissait présager de belles qualités mais on ne l’attendait pas à ce niveau si tôt. Assurément une très belle recrue pour la Groupama-FDJ où il évoluera la saison prochaine mais attention à ne pas regretter de quitter la DSM tant cette équipe court intelligemment et permet à ses coureurs de s’exprimer pleinement.

Primoz Roglic :

Cela deviendrai presque une habitude. Après un Tour de France décevant (abandon dès la 9ème étape) Primoz Roglic s’est offert la Vuelta pour la 3ème année consécutive. Un sacré lot de consolation et une performance remarquable a plusieurs égards. Tout d’abord Primoz Roglic devient le 23ème coureur à remporter au moins trois Grand Tours, le 18ème coureur à remporter 3 fois le même Grand Tour et seulement le 9ème coureur à réaliser un triplé. Un triplé qu’il n’aura pas eu de mal à réaliser. En tête dès le premier jour, vainqueur de quatre étapes, jamais mis en difficulté par ses concurrents et ne cédant le maillot rouge que sur choix tactique, le Slovène a plané sur ce Tour d’Espagne. Pas toujours très bien entouré il ne s’est jamais affolé et il remporte avec brio son 3ème Tour d’Espagne d’affilé s’imposant indiscutablement comme un des meilleurs coureurs de sa génération. On salive déjà de son duel sur le prochain Tour de France avec Pogacar en priant pour que la malchance l’épargne pour une fois sur les routes françaises.

Mention spéciale aux français. Kenny Elissonde s’est paré de rouge tandis de Romain Bardet revit sous les couleurs de DSM en allant chercher une étape de haute montagne malgré une chute plus tôt dans l’épreuve et il se serait sans doute emparé du maillot de meilleur grimpeur si la tunique n’était pas détenue par un de ses coéquipiers. Florian Sénéchal s’est également offert une belle victoire et à été essentiel dans les 3 victoires de son sprinteur. Enfin Clément Champoussin fut héroïque pour s’offrir une victoire de prestige devant tous les favoris. Une vraie belle Vuelta pour le contingent français.

Les flops :

Arnaud Démare :

Après un Tour de France catastrophique Arnaud Démare venait sur la Vuelta avec l’ambition de réaffirmer sa place dans les meilleurs sprinteurs du peloton. Objectif raté. Pourtant la concurrence n’était pas démentielle. Jakobsen et Philipsen sont certes de très bons sprinteurs mais ils n’ont par exemple jamais remporté d’étapes sur le Tour contrairement au Français. Au final Arnaud Démare repart sans aucune victoire d’étape et une place dans la hiérarchie des sprinteurs remise en cause. Si son train n’a pas été à la hauteur le Picard n’a pas non plus été capable de rivaliser lors des rares fois où il était bien placé au moment du sprint final. Une vraie déception.

Ineos-Grenadier :

Lorsque l’on est Ineos-Grenadier on ne peut pas se satisfaire d’une 4ème et d’une 6ème place finale. Surtout au vu de l’armada déployée. Egan Bernal, Adam Yates, Richard Carapaz et Pavel Sivakov pourraient tous êtres leaders ailleurs. Mais l’Equatorien n’avait plus rien dans les jambes et le franco-russe s’est vite retrouvé distancé au général. Restait alors quand même deux superbes cartes à jouer. Las malgré l’immense panache d’Egan Bernal il ne pourra pas faire mieux qu’une 6ème place indigne de son statut abandonnant même le maillot blanc à un Gino Mäder pourtant bien inférieur sur le papier, et Adam Yates ne pourra même pas éjecter le tout aussi surprenant Jack Haig du podium. Aucune victoire d’étapes non plus pour se consoler. En bref un bilan très insuffisant lorsque l’on possède un budget deux fois supérieur à presque toute les équipes du peloton.

Miguel Angel Lopez :

Tout se passait bien chez la Movistar. A deux jours de l’arrivée la formation Ibérique était sur le point de placer deux de ses coureurs sur le podium. Souvent moquée pour ses stratégies discutables la Movistar avait cette fois ci couru intelligemment. Mais un Grand Tour sans drama chez la Movistar cela n’existe pas. Alors Miguel Angel Lopez a décidé de faire de ses siennes. Que s’est-il passé dans la tête du Colombien pour qu’il abandonne, fou de rage, le Tour d’Espagne lors de l’avant-dernière étape ? Lopez était certes en train de perdre un podium qu’il pensait avoir assuré en remportant une des étapes reines la veille mais le top 10 voire le top 5 étaient encore jouable. Ni ses directeurs sportifs ni ses coéquipiers réussiront à lui faire reprendre la course. Un coup de sang inimaginable et qui pourrait bien être préjudiciable pour la suite de sa carrière.

Au rayon des déceptions on peut également citer Mikel Landa leader désigné de son équipe qui n’a jamais existé sur cette édition, Hugh Carthy surprenant 3ème l’an passé et poussé à l’abandon dès la première semaine, Michael Matthews souvent placé mais jamais gagnant malgré le gros travail de son équipe, et plus généralement les coureurs espagnols (hormis Enric Mas) qui n’auront pas réussi à ramener la moindre victoire d’étape sur cette Vuelta (comme sur le Tour de France et le Giro).

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